mardi 8 avril 2014

Pétition contre Think-tank : la lutte d'influence

Il aura suffit d’un "à bientôt" maladroit lors de la passation de pouvoir entre Benoît Hamon et Geneviève Fioraso et d’un nouvel article complaisant du journal Le Monde pour qu’une pétition contre la politique de Geneviève Fioraso recueille près de 8.000 signatures en quelques jours.

Le texte de cette pétition est long, détaillé. Il reprend toutes les critiques qui peuvent être adressées à la politique incarnée par Geneviève Fioraso depuis juin 2012. Il a pourtant été très vite relayé sous une formule beaucoup plus lapidaire :" Contre Fioraso au gouvernement!". Et cette formule a fait florès.

"Tout sauf Fioraso" ou plutôt "Tout sauf le système qu'elle représente". Ce système, c'est celui qu'a mis en place un petit groupe de personnes qui ressassent les mêmes lubies depuis 15 ans et défendent leurs intérêts à travers des "think-tank" comme le groupe "Marc Bloch". Longtemps favorables aux projets de Nicolas Sarkozy et de Valérie Pécresse, ils ont misé sur François Hollande à la présidentielle et ont profité de son élection. Ce groupe, inactif depuis que Lionel Collet est devenu directeur de cabinet de Mme Fioraso, a brusquement repris du service pour soutenir la candidature de l'ex-ministre de Jean-Marc Ayrault à un poste de secrétaire d'État dans le gouvernement de Manuel Valls.

Ce maintien en fonction ne répond à aucune rationalité politique. Depuis l'affaire CORYS, Geneviève Fioraso est de tous les échecs de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation. Elle n'a jamais été considérée comme une ministre à part entière, au mieux le prête-nom de son mentor, Michel Destot, au pire "une erreur de casting". Elle a participé à la promotion du "modèle grenoblois" du même Destot qui vient d'être sévèrement sanctionné par les électeurs aux dernières municipales. La loi sur l'enseignement supérieur qui porte son nom restera, certes, dans les annales, mais ce sera pour ses incohérences et ses erreurs de rédactions multiples. Elle n'aura même pas été capable d'assumer ces erreurs et c'est finalement le ministre de l'agriculture qui aura défendu un amendement sur les Communautés d'universités et d'établissements dans la loi d'orientation agricole!

Pourtant, malgré toutes ces casseroles, ou justement à cause de ces casseroles, les think-tanks s'agitent pour que Mme Fioraso soit secrétaire d'État. D'une certaine façon ce n'est que Justice. Il faut le reconnaître, jusqu'à la fin de son mandat, Mme Fioraso a servi les clientèles qui l'ont choisie, diffusant le cadrage de l'appel d'offre IDEX 50 minutes avant que la démission de Jean-Marc Ayrault soit officielle et préparant, avec la complaisance du président de la République, le parachutage à la tête de l'INSERM d'un conseiller spécial de son cabinet.

Aujourd'hui ces intrigues d'un petit nombre d'affidés se heurtent à une pétition qui rapproche par milliers toutes les sensibilités du monde scientifique dans une critique commune.

Restera, restera pas? Telle est la question, l'espoir pour quelques-uns, la crainte pour beaucoup d'autres, à laquelle le président et le premier ministre répondront dans les heures qui viennent. Mais cette question n'a plus grand intérêt, noyée sous les signatures qui se sont accumulées à une vitesse surprenante. Toute honte bue, Geneviève Fioraso peut passer du statut de ministre à celui de simple secrétaire d'État, elle a déjà perdu toute crédibilité.



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